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Une affaire bien qualifiée est à moitié signée…

Une affaire bien qualifiée est à moitié signée…

  • Rubrique : Convaincre
  • Date de publication : 27/05/14
  • Auteur : Captain Salezeo
  • Commentaires : 1



La qualification est sans doute le moment le plus important de la vente et conditionne la suite des évènements. En général, les commerciaux sont de beaux parleurs, et je sais de quoi je parle ;-), mais la qualification est a contrario un moment d’écoute active.

 

C’est sans doute pour cela que beaucoup de commerciaux négligent cette étape cruciale. La qualification ne permet pas seulement de définir vos chances de signature, mais vous indique également quelle stratégie appliquer pour arriver au succès.

 

 

Tout ce que vous pourrez dire sera utilisé contre vous !

 

La qualification s’effectue au début du cycle de vente,  généralement durant le premier entretien. La qualification se résume généralement à une série de questions adaptées au domaine de vente. Mais attention, cette qualification doit être menée de façon subtile et habile afin que le prospect n’ait pas l’impression d’être “interrogé”. Au contraire une qualification bien faite doit être ressentie par le prospect comme une marque d’intérêt pour son business.

J’ai vu par le passé des commerciaux décocher des rafales de questions comme s’ils récitaient un formulaire. Rien de pire pour détruire la relation de confiance qui doit s’installer entre l’acheteur et son vendeur.

L’acheteur a alors l’impression de subir un interrogatoire et c’est bien connu “tout ce que vous pourrez dire sera utilisé contre vous !”.

Pour éviter cet écueil, il suffit d’être patient, de poser des questions ouvertes à votre client et de s’intéresser réellement à sa problématique.

 

 

Installez un réel échange

 

Si vous êtes sincère et que vous cherchez à comprendre les objectifs et les contraintes de votre client, celui-ci le sentira et vous pourrez alors installer un réel échange avec lui.  A partir de là, vous saurez tout ce dont vous avez besoin pour positionner votre offre de la façon la plus avantageuse et remporter l’affaire.

Petit conseil personnel : bannissez les présentations PowerPoint et les ordinateurs. Asseyez-vous calmement en face de votre client, écoutez-le, créez un échange, démarrez une conversation comme si vous étiez avec un ami, tout en gardant de la distance afin de ne pas gêner votre interlocuteur.

Aussitôt ouverts, votre portable ou le rétroprojecteur allumés créent instantanément un mur virtuel entre vous et vos interlocuteurs. Conservez votre superbe présentation préparée par votre service marketing pour plus tard. Pour le moment, vous ne faites pas la promotion de votre produit ou de votre entreprise mais vous cherchez à comprendre les besoins de votre client.

La qualification est cruciale car elle constitue les fondations de la relation de confiance que vous allez construire avec votre client.

Il ne vous viendrait pas à l’esprit d’essayer de séduire à la terrasse d’un café une jolie fille (ou un bel homme !) derrière un écran d’ordinateur. Vous comptez plutôt sur votre regard ténébreux et votre brillante conversation et vous avez raison ! Pour votre prospect, c’est la même chose. Soyez à l’écoute.

C’est essentiel et vous remarquerez que les bons commerciaux savent écouter et ont de l'empathie. Nous sommes à mille lieux des vendeurs d’aspirateurs (c’est juste une expression car je n’en ai jamais rencontré ;-) qui bloquent la porte avec leur pied et ne laissent plus parler le client jusqu’à ce qu’il ait signé !

Les grands vendeurs sont avant tout de fins psychologues. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire…

 

 

Créez votre fiche de qualification

 

Maintenant que vous avez compris l’importance de cette étape d’analyse, il faut s’assurer de ne pas passer à côté des informations nécessaires à votre vente.

Je vous conseille d’ailleurs de rédiger une fiche de qualification. Vous devez la connaître par cœur et ne surtout pas la sortir en rendez-vous.

Ces informations varient bien évidemment en fonction de votre domaine et de la complexité de votre vente. Néanmoins, voici les sujets qui me semblent incontournables. Charge à vous ensuite de faire une liste des informations qui vous sont nécessaires dans votre domaine.

Liste des informations à connaître pour établir votre stratégie de vente :

 

  • La société : taille, chiffre d’affaires, modèle économique, principales implantations, où se trouve la direction générale ?
  • Leurs besoins : quel problème cherche à résoudre l’acheteur, quels sont les objectifs de la société, quels sont les objectifs personnels de l’acheteur (ils peuvent parfois être divergents de ceux de l’entreprise, à vous de le découvrir),  quelles sont les contraintes d’achat, quels sont les critères de décision pour la sélection du nouveau fournisseur ?
  • Processus de décision : qui est le signataire final (attention presque tous les acheteurs déclarent être les décisionnaires finaux mais est-ce vrai ?), qui sont les personnes influentes, qui est mon sponsor (celui ou celle qui va promouvoir mon offre en interne), quel est le processus de sélection et de décision, est-ce une décision locale, nationale ou internationale ?
  • Planning : à quelle échéance doit être prise la décision ? Quand doit être opérationnel le nouveau produit ou la solution choisie ? L’acheteur a-t-il les ressources pour tenir la date annoncée ? Cette échéance est elle flexible ?

 

  • La compétition : qui sont les concurrents ? Remplace-t-on une solution ou un produit existants ? Quelles sont les relations entre le décisionnaire et les concurrents ?
  • Le Budget : y-a-t-il un budget fixé ? Quel est son montant ? Qui en est responsable ? Quels sont les coût actuels ? Quel est le ROI attendu de cet achat ?

 

Et voilà, comme vous le voyez, la qualification ce n’est pas très compliqué. C’est même l’un des moments les plus intéressants de la vente car chaque client et chaque problématique sont uniques. La preuve, je dois en être à 30 000 rendez-vous avec des clients (je sais c’est un peu effrayant) et je ne me suis jamais lassé car j’apprends avec chaque nouveau client…



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1 Commentaire(s)

Auteur: Stéphane Rossignol

Date de publication: 28/05/14


Je trouve dommage d'avoir fait plus de 30 000 RDV dans sa vie et pour autant de se définir comme un beau parleur...

C'est exactement l'image contre laquelle les commerciaux (digne de ce nom) essaient de lutter pour se différencier des vendeurs de vérandas et de canapés...

Pour revenir au sujet, toute bonne formation de ventes vous apprendra qu'un commercial c'est deux oreilles et une bouche, ce qui donne les proportions des temps de paroles entre le client/prospect et le commercial.

J'avoue cependant qu'en B2C c'est plus facile d'assomer un client potentiel d'arguments, de nombreuses personnes ne sachant pas dire non.